Décoloniser l'économie ? Décoloniser la pensée ?
Michèle Leclerc-Olive  1@  
1 : IRIS
EHESS, CNRS, INSERM, Paris XIII

Au lendemain des indépendances, la décolonisation de l'économie était la question cruciale à laquelle les dirigeants des Etats nouvellement indépendants étaient soumis : Comment changer les dispositifs commerciaux, industriels, financiers qui n'ont pas été mécaniquement modifiés par l'indépendance politique ?

Plus près de nous, et au plus près des expériences de prédations minières, comment modifier les pratiques de transaction entre les sociétés multinationales extractives et les communautés villageoises expropriées, confrontées aux appareils technocratiques des entreprises et à leurs argumentations ?

Le panel souhaite documenter ces divers lieux de confrontation : pragmatique (les compensations arrêtées au niveau local) ; politique (les modalités de négociation avec les Etats riches en ressources) ; théorique (les doctrines qui s'affrontent à tout niveau) ; historique (les mises en récit mobilisées par les protagonistes) ; philosophique (les valeurs morales convoquées pour justifier les pratiques).

L'hypothèse de travail de ce panel est (1) qu'il y a un lien étroit (à qualifier) entre ces enjeux, formulés ici de manière spécifique en chacun des sites, et (2) que la recherche a une responsabilité éminente dans la mise en lumière de ces liens : dire autrement les enjeux, c'est contribuer à leur appropriation citoyenne face à une fragmentation disciplinaire propre à l'expertise.

Pour ce faire, le panel souhaite accueillir tout à la fois des enquêtes de terrain portant sur les négociations aux divers niveaux évoqués, et des contributions théoriques permettant d'échapper aux catégories néolibérales qui gouvernent les épistémologies des prédations minières et foncières.


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