Enchantements, désenchantements, ré-enchantements : les réformes éducatives des pays africains depuis 1990
Pauline Jarroux  1@  
1 : Centre Norbert Elias  (CNE)  -  Site web
Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS)
2 Rue de la Charité 13002 MARSEILLE -  France

Depuis les conférences de Jomtien (1990) et de Dakar (2000) et à l'heure des Objectifs de développement durable (ODD) et des politiques de l' « Education pour tous » (EPT), ce panel vise à questionner les politiques éducatives des pays africains sous l'angle de l'enchantement et de son revers, le désenchantement.

De nombreux Etats ont aligné leurs réformes éducatives le long d'un nouvel « ordre scolaire » promu par les agences d'aide internationale et les bailleurs de fonds. Les politiques mises en œuvre prennent partout des visages similaires : gratuité de l'enseignement, limitation des redoublements, construction de cantines scolaires, mais aussi décentralisation, privatisation, renforcement de l'évaluation de la qualité des systèmes éducatifs...

L'hyper-rationalité des réformes éducatives, portées par des techniciens et ingénieurs en éducation, semble apparemment éloignée de toute dimension enchantée. On pourrait pourtant considérer ces politiques de l' « Education pour tous », liant des objectifs qualitatifs et quantitatifs au service d'une éducation économiquement rentable, comme des formes d'utopie contemporaine.

Plus tard, lorsqu'à l'enchantement succède la déception, de nouvelles réformes promettent de meilleures réussites, comme c'est aujourd'hui le cas avec les politiques d'enseignement en langue maternelle au niveau primaire.

Le continent africain apparaît de ce fait comme un véritable laboratoire de réformes éducatives, toutes portées à assurer, à plus ou moins moyen terme, une éducation de qualité pour tous.

 

Le panel vise spécifiquement à interroger la dimension enchantée de ces réformes, en interrogeant à la fois la circulation des politiques éducatives, la place des chiffres dans l'enchantement et le désenchantement des réformes, mais également le rôle, parfois ambigü, des acteurs internationaux, nationaux et locaux dans la promotion d'un discours enchanté ou désenchanté à l'égard des réformes. 


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