Perception par les sociétés rurales d'Afrique de l'Ouest des changements environnementaux et des recompositions des espaces agricoles et pastoraux
Frédéric Alexandre  1@  , Catherine Mering  2@  
1 : Université Paris 13
Université Paris 13, Sorbonne Paris Cité,
2 : Université Paris Diderot - Paris 7
Centre National de la Recherche Scientifique - CNRS, UMR 82 36, Laboratoire Interiplinaire des Energies de Demain

Depuis les indépendances, les sociétés rurales de l'Afrique de l'Ouest, toujours largement majoritaires au sein des populations,ont été confrontées au changement de leur environnement. Après plusieurs épisodes de sécheresse entre les années 70 et 90 qui ont plus particulièrement touché la zone sahélienne et qui ont eu pour conséquences d'importants bouleversements dans l'ensemble de la région (mutation des activités, migrations vers le sud, ...), on assiste depuis deux décennies à une amélioration des conditions climatiques qui a été qualifiée de « reverdissement »par la communauté scientifique et qui aurait pu être assimilée à un « ré-enchantement » de la nature par les habitants et leur offrir à ce titre la possibilité d'un retour vers lespratiques antérieures voire leur développement.

Or, le contexte démographique, politique, économique et social d'exercice des activités agricoles et pastorales à dominante d'autoconsommation a profondément changé et pousse plutôt à la généralisation de discours toujours plus pessimistes et désenchantés. Outre la poursuite de la croissance démographique, souvent évoquée pour expliquer la dégradation des terres, les conséquences du désengagement des états suite aux ajustements structurels imposés aux pays dans les années 1980, l'exode rural des jeunes et la montée récente de l'insécurité et des conflits dans la région viennent contrebalancer les effets attendus des améliorations observées. Les transformations de l'agriculture et de l'élevage dans la bande sahélo-soudanienne en raison de l'intégration (très variable) à l'économie de marché entrainent des recompositions spatiales et de nouvelles relations ville-campagne dont les effets méritent d'être mesurés.

Une meilleure connaissance de la façon dont les sociétés rurales perçoivent ces changements socio-environnementaux permettrait d'évaluer ces différentes hypothèses apparemment contradictoires, le moyen d'y accéder étant l'enquête de terrain auprès principaux acteurs concernés, qu'ils soient agriculteurs, éleveurs ou représentants des institutions en charge de la gestion et de la préservation du milieu.

Cet atelier sera l'occasion d'échanges autour des résultats des enquêtes menées auprès des populations rurales d'Afrique de l'ouest visant à étudier les trajectoires actuelles et mieux appréhender les préoccupations et les stratégies d'adaptation des populations au sein des « nouveaux mondes ruraux ».


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