Diaspora et gestion des communes d'origine au Burkina Faso: Cas des émigrés burkinabè en Côte d'Ivoire
Bourahima Konkobo  1@  
1 : LMI/MOVIDA

La part contributive des migrants burkinabé de l'extérieur, de façon générale, et ceux de la Côte d'Ivoire en Particulier, en matière de développement économique et social est perceptible. Ces dernières années, elle a atteint des niveaux importants. Les transferts annuels moyens des migrants s'élevaient à plus 45 milliards de franc CFA entre 1994 et 2002 selon le ministère burkinabè de l'Economie et du Développement. L'impact des migrants sur le développement du Burkina Faso se matérialise par ces transferts de fonds à l'endroit de leurs parents restés au pays, mais souvent aussi par le retour temporaire ou définitif des migrants au pays qui apportent de nouvelles expériences. Ces transferts ou ces retours contribuent à l'économie du pays et à l'amélioration des conditions de vie des populations en dépit des limites constatées dans l'usage des ressources transférées.

Si la place de la migration dans le développement économique et social du Burkina est indéniable, la question qui demeure c'est la relation entre migration internationale et développement local dans le contexte burkinabé. De plus en plus les migrants sont mis à contribution dans le développement de leur localité de départ dans un contexte de décentralisation au Burkina Faso.

Plusieurs travaux explorent le prolongement politique des transferts des migrants ou de leur retour car les migrants ne semblent plus se contenter des transferts de fond mais souhaitent prendre activement part à la vie politique dans leurs communes de départ. C'est une mutation dans les rapports entre migrants et autorités locales qui méritent d'être analyser d'autant plus que les Burkinabè de l'extérieur officiellement ne participent pas aux différents scrutins qui se déroulent dans le pays. En tant que processus inclusif de gestion des terroirs, quelle est la place réservée aux migrants internationaux dans la décentralisation en cour dans notre pays ?

Il est question de s'interroger sur les mesures incitatives des instances locales orientées vers leurs ressortissants résidants à l'extérieur, d'une part, et d'autre part analyser les types de rapports qui se forment entre les migrants et les autorités locales. C'est-à-dire les différentes implications des migrants internationaux burkinabè dans la dynamique politique de leurs localités d'origines. En clair, A travers cette communication, nous nous s'intéresserons d'une part aux liens développés par les autorités locales avec les migrants pour favoriser leur participations dans la gestion du terroir d'origine, et d'autre part comprendre les rapports des migrants avec les responsables locales et leur tendance de plus en plus affichée de se faire une place dans la vie politique de leur territoire de départ.


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