Chercher la Révolution congolaise. Le roman national et ses traces, 1963-1969
Aline Pighin  1@  , Heloise Kiriakou  2@  
1 : Centre d'études en sciences sociales sur les mondes africains, américains et asiatiques  (CESSMA)  -  Site web
Université Paris Diderot - Paris 7
2 : IMAF/Université Paris 1 Panthéon Sorbonne
Université Paris 1 - Panthéon-Sorbonne

Suite à l'épisode insurrectionnel d'août 1963, qui conduit à la mise en place d'un régime d'option socialiste au Congo-Brazzaville, la création d'un Musée de la Révolution, à la marge du tout jeune Musée national, fédère les énergies des personnels de ce dernier, qui s'entourent d'acteurs variés – militants du Mouvement national de la révolution et anonymes de la société civile.
Si le musée en tant que tel n'a jamais vu le jour, si le musée national même en aura été un écrin précaire, il a donné lieu à la production d'un corpus important de documents sur l'histoire politique du pays et de ses voisins, empreints des partis pris idéologiques des initiateurs et acteurs du projet, de recueils de poèmes, de chants, de traditions, mais aussi à la commande d'œuvres d'art populaire, pédagogique. Ce corpus constitue aujourd'hui un fonds d'archives protéiforme, symptôme tant d'un moment patrimonial particulier que d'une volonté politique dès 1965 d'assigner à l'objet-musée le rôle de conservation et de transmission d'un certain roman national révolutionnaire.
Mis en boîtes au cours de la décennie suivante, ce corpus matriciel est aujourd'hui la trace rare d'un nœud historique où histoire politique et histoire du patrimoine convergent, et au prisme desquelles la courte utopie socialiste, oubliée des monuments mémoriels du présent, (re)prend forme.


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