Femmes et activités citoyennes. L'exemple de la plateforme pour la paix en Casamance
Doudou Gueye  1@  
1 : Université Assane SECK de Ziguinchor

Les actions de contestations et de mobilisation sociopolitiques en Afrique mettent souvent en avant des organisations de jeunes (hommes et femmes) sous les rampes de l'actualité. Rares sont ainsi les moments où les analyses ne se font en dehors de ces catégories. Il s'agira dans cette présente proposition de communication d'explorer une mobilisation strictement féminine, dans un contexte de crise politique que traverse le Sénégal dans sa partie sud: la Casamance. Le conflit en Casamance date de 1982 et oppose l'Etat du Sénégal au Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC) qui réclame l'autonomie de la région. Depuis lors, ce conflit perdure avec des conséquences fâcheuses : morts, disparitions, champs minés, etc... Il est le plus vieux conflit de la sous-région. Les femmes payent une lourde tribu à ce conflit  avec un recul considérable de leurs activités de production économique. En effet, si jusque-là les femmes étaient les chevilles ouvrières de la production domestique, avec le conflit en Casamance, cette possibilité qui leur était offerte n'est plus de mise à cause des champs minés, de l'occupation des forêts par les éléments armés, des tueries et des viols. Economiquement, cette situation sera ressentie durement par les familles. Aussi, les femmes qui étaient les principales actrices pourvoyeuses des produits ligneux et forestiers vont subir un déclin de leurs activités économiques. Cette situation les inscrit de fait dans des parcours de paupérisation. Face à l'incapacité des négociateurs pour obtenir une paix dans la région, il y a alors nécessité pour elles de prendre en main leur destinée. Ainsi, elles vont s'organiser en fusionnant différentes organisation féminines, regroupées autour de la plateforme des femmes pour la paix en Casamance, prenant le relais des négociations, et en se positionnant comme des actrices essentielles dans le processus de paix, grâce à leurs démarches de plaidoiries, campagnes de sensibilisation et autres manifestations autour de la question. Si à l'origine, cette dynamique avait pour ancrage la Casamance, aujourd'hui elle a dépassé les frontières nationales pour inclure des femmes de la Guinée-Bissau et de la Gambie. Conférant ainsi une dimension transnationale à leur mobilisation. On s'intéressera spécifiquement aux diverses initiatives citoyennes de la plateforme des femmes pour la paix en Casamance. Quels sont les mécanismes qui ont favorisé son ouverture vers l'internationale ? Y a-t-il un profil type de leader pour les initiatives de mobilisation citoyenne ? Quels sont les enjeux ?


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