« More Women in Politics » à l'épreuve de la masculinité du champ politique au Cameroun ou le désenchantement d'un engagement genré
Estelle Vérine Salla Bezanga  1@  
1 : Université de Yaoundé II

La libéralisation politique du début de la décennie 1990 au Cameroun a libéré les velléités de participation plurielle dans le champ sociopolitique (Sindjoun, 1996). Le passage au pluralisme politique consacre ainsi pour des citoyens politisés leur possibilité de prendre part à la compétition et leur disposition de la compétence à exercer le pouvoir. Non seulement il a favorisé l'extension de l'espace politique de protestation et de contestation, mais aussi il a relancé les débats sur la parité dans le champ politique d'alors. L'effet aura été de faire émerger au Cameroun des associations qui luttent pour les droits politiques des femmes.Celles-ci sont attachées à la volonté d'engendrer une rupture dans la biographie politique du sexe (Sindjoun, 2000). Force est de constater que le déploiement deces associations constituent un croisement entre les études sur le genre et fabrication des politiques publiques.C'est dans cette optique que « More Women in Politics », un réseau d'associations œuvrant pour l'amélioration du statut socio-juridique des femmes et leur implication effective à la gouvernance démocratique au Cameroun, créé en 2007 est riche d'enseignement. En effet, lespratiques et les usages de ce réseau se heurtent aux propriétés sociales, politiques et sexuellesd'un champ politique à forte « domination masculine » (Bourdieu, 1998). Danssa variante conservatrice, le registre de la masculinité participe encore àla légitimation des ordres politique, social et sexuel dans leur ensemble ; il s'agit donclà d'une masculinité hégémonique au sens fort du terme.

L'objectif de la communication est alors de réaliser une étude monographique à partir des interactions entre ce réseau et le champ politique camerounais. Pour y parvenir, l'analyse s'appuiera sur un travail ethnographique indispensable pour la constitution du matériau rendant possible la réflexion. Des entretiens, avec les membres du mouvement seront effectués. L'exploitation des ressources documentaires (rapports d'activités, presse écrite et site internet) seront inévitables pour combler notre manque de connaissance sur l'histoire de l'organisation.

 


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