Des patrimoines menacés. Les écosystèmes forestiers du grand Libreville : entre tradition et modernité, développement et conservation.
Cédric Mpié  1@  
1 : Cités, Territoires, Environnement et Sociétés
Université de Tours, Centre National de la Recherche Scientifique : UMR7324

La forêt du Bassin du Congo est le deuxième massif forestier tropical après la Forêt

amazonienne. Qualifiée de second poumon écologique mondiale, elle constitue une réserve

importante pour la régulation du climat et du cycle de l'eau, la protection des sols et de la

biodiversité mais aussi une ressources économiques cruciales pour la sous-région. Avec plus

de deux millions de kmÇ, elle couvre 6 pays : le Cameroun, la Centrafrique, le Congo-

Brazzaville, le Congo-Kinshasa, la Guinée équatoriale et le Gabon. Au Gabon et dans le grand

Libreville en particulier, notre zone d'étude, ces écosystèmes forestiers sont à la fois un cadre

de vie et un lieu de prélèvement des ressources utiles aux populations locales. Ces forêts ont

une valeur sociale et culturelle importante (agriculture, pêche, plantes médicinales, source

énergétique, lieu de culte etc.). Outre la valeur socio-culturelle, s'ajoute aussi la valeur

environnementale, qui elle, implique une protection et ou conservation et, une gestion durable

de ces écosystèmes.

Dans ce sens, depuis peu, on assiste au développement des politiques volontaristes de l'Etat sur

la préservation des écosystèmes forestiers. Ces politiques se caractérisent par la création des

aires protégées dont deux se situent dans notre zone d'étude. Cependant, ces écosystèmes

subissent des pressions accrues liées à l'extension urbaine, au développement des

infrastructures et certaines activités destructrices de forêt (défrichement, parcellaire ...). Ces

dynamiques socio-économiques ont une influence majeure sur les écosystèmes forestiers qui

malheureusement en portent l'empreinte. Au nord de Libreville, l'urbanisation rapide, planifiée

ou non, conduit à une artificialisation importante des milieux naturels notamment le couvert

forestier. Cette périurbanisation menace l'intégrité de l'Arboretum Raponda Walker (Forêt

classée de la Mondah) et du Parc National d'Akanda. Cette situation met clairement en évidence

une dichotomie entre les ambitions de développement, la survie des populations locale et les

objectifs de préservation/conservation des écosystèmes forestiers.

Dans cette communication, nous proposons un nouveau regard, celui des valeurs positives des

pratiques traditionnelles liées à l'exploitation des forêts, en l'opposant à l'idée de valorisation

des écosystèmes forestiers par l'écotourisme, seule alternative souvent évoquée.

Aussi, nous avons évalué les menaces qui pèsent sur ces patrimoines en étudiant les oppositions

entre le processus de développement et les politiques de conservation de ces espaces. Il s'agit

aussi de questionner les raisons de la difficile implémentation des politiques de gestion

traditionnelle de ces écosystèmes, prometteur et efficace et leur non considération comme telle.


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